Les sampaniers 

A hué, sur la rivière des parfums, naviguent les sampaniers.

Cette population, en grand précarité, environ 15 000 personnes, vit sur les sampans : sorte de grosse barque à moteur, sans voilure, conçue pour transporter du sable, des pierres ou des produits destinés à alimenter le marché de Dong Ba.

Plusieurs générations vivent sur les 15 m² du sampan, dans des conditions parfois déplorables d'hygiène et de santé.

La journée d'un sampanier :

La journée du sampanier commence dès l'aube.

L'embarcation à moteur prend la direction des fonds sablonneux de la rivière. Le travail se fait en famille. Il consiste à remonter à l'aide d'un câble enroulé autour d'un essieu une grosse pèle en tôle, qui drague le fond de l'eau pour remplis le bateau de sa cargaison de sable.

Un sampan, au plein de son chargement se monnaye aux alentours de 90 000 Dongs, soit environ 6 €.

Le sampanier peut renouveler l'opération jusqu'à 3 fois par jour, et cela sous un soleil de plomb.

La pierre se vend plus cher que le sable, mais peut être plus difficile à repérer, les gisements peuvent être plus éloignés et donc plus onéreux en essence. 

Les cargaisons sont ensuite déchargées sur les rives et vendues directement à des maçons ou des grossistes.

Le travail terminé, le sampanier ne quitte pas son bateau. Vidé de sa marchandise, le pont devient salle à manger. Sous le toit tressé de bois, le sampanier a installé son habitacle. Quelques ustensiles de cuisine, un réchaud, une caisse contenant de la nourriture, et le soir lorsque le bateau a mouillé au port, il peut se brancher sur le réseau électrique, et toute la famille peut dîner à la lueur d'une lampe.

Un ramasseur de sable, gagne juste assez pour nourrir convenablement les siens.

Quand la famille est nombreuse, les enfants ne peuvent aller à l'école et aident leurs parents dans leurs taches quotidiennes.